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Préserver l’environnement : comment préserver tout l’environnement ?

On parle de « forêt économique » pour désigner l’ensemble des possibilités de valorisation de la ressource bois. Les enjeux économiques sont devenus d’autant plus prégnants avec l’essor récent du débouché bois-énergie et le classement de la « biomasse forestière » dans la catégorie des énergies renouvelables.

Mais transition énergétique ne veut pas dire transition écologique, et la forêt est un domaine dans lequel « croissance verte » et « troisième révolution industrielle » peuvent être perçues comme la continuation de la destruction de la nature par d’autres moyens (y compris au nom de sa préservation !). Or, le citoyen interpellé par cette problématique découvre rapidement, et à son grand étonnement, à quel point nos lois et règlements sont en réalité très peu protecteurs des espaces forestiers.

Une réponse conceptuelle est l’idée de « spécialisation fonctionnelle », qui consiste à distinguer entre « forêt de production » et « forêt de protection ». Mais cette distinction, même si elle fait intervenir des considérations technico-environnementales a priori pertinentes (biodiversité remarquable, gestion des eaux…), est loin de faire consensus.

D’une part, le concept de « forêt de production » est une contradiction dans les termes pour ceux qui considèrent que la forêt doit être et rester un écosystème naturel et que les monocultures de plantation sont une forme d’artificialisation.
D’autre part, sous l’effet de la dynamique industrielle dominante, rien ne semble à même d’empêcher que les espaces à protéger soient réduits progressivement à la portion congrue.

Enfin. la « spécialisation fonctionnelle » a forcément un caractère artificiel du point du vue du ressenti du public pour qui la qualité environnementale, la qualité paysagère, le « caractère » d’un territoire supposent une cohérence, un continuum de perception qui s’accommode mal d’effets de zonage à première vue arbitraires. Ceci est bien sûr particulièrement vrai pour les Cévennes.

Une autre approche consiste à mettre en oeuvre, à tous les niveaux de planification et de territoire, et de façon systématique, le principe de l’évaluation préalable de l’incidence sur l’environnement. Cette démarche, dont l’esprit est inscrit dans les directives européennes, pourrait ainsi s’appliquer :

  • aux programmes de développement de l’utilisation du bois,
  • aux plans d’approvisionnement des unités industrielles consommatrices,
  • aux coupes d’une surface supérieure à un certain seuil.

Cette discipline de l’évaluation préalable doit bien sûr être adossée aux ambitions locales de préservation de l’environnement – objectifs concernant la couverture forestière, la qualité des écosystèmes forestiers, la qualité paysagère, les pratiques et usages locaux de la forêt. Il s’agit donc par ailleurs d’exprimer, à un niveau fin de territoire, ces différents types d’objectifs.

Envisager enfin une autorité environnementale qui préside à la résolution des incompatibilités entre objectifs locaux de qualité environnementale et objectifs de prélèvement de la ressource bois. Mais comment, dans ce rôle d’arbitre, garantir l’indépendance d’une telle autorité ?

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